Napoléon III – La résistance dans la région de Clamecy

Qu’est-ce que la prolongation des pouvoirs, c’est le Consulat à vie. Où mène le Consulat à vie ? À l’Empire» (Victor Hugo lors d’un débat à l’Assemblée législative). Le 2 décembre 1851, jour d’anniversaire du sacre de Napoléon1er et de la victoire d’Austerlitz, Louis-Napoléon Bonaparte, futur NapoléonIII, dissout l’Assemblée législative et annonce la préparation d’une constitution. La peur de ce coup d’État était apparue très vite chez les Républicains. Quelques jours plus tard, à Clamecy, dans la Nièvre, la réaction ne se fera pas attendre…

Par Franck Dupire, historien

Cette peur républicaine n’était pas nouvelle. En effet, dès 1848, alors que l’Assemblée législative débat sur la Constitution et la campagne électorale, cette idée a surgi dans les journaux et dans l’opinion publique. L’enjeu est de taille. Le Prince-Président veut se maintenir au pouvoir malgré le terme de son mandat. Il faut donc réviser la Constitution qui n’autorise qu’un seul mandat présidentiel. Débattue à l’Assemblée législative le 19 juillet 1851, cette proposition de révision n’obtient que 446 voix contre 278 alors qu’il en faut 453 pour être adoptée. Persuadé que le pays est cependant favorable à la révision constitutionnelle, Napoléon III se décide donc au coup d’État, le 2 décembre 1851. Face à cela, les républicains s’organisent très vite. Mais le petit peuple parisien hésite à les suivre. Quelques barricades s’élèvent, vite réprimées, par une armée fortement bonapartiste. C’est la province qui résiste le plus. Comme le souligne l’historienne Sylvie April, il s’agit de la France de gauche, révélée aux élections de 1849 et qui comprend la frange nord du Massif Central et, au sud, l’Hérault, la Drôme, l’Ardèche, le Var et les Basses Alpes mais également la Nièvre. À Cosne-sur-Loire, à Pouilly, à Château-Chinon, à Arleuf, communes nivernaises, des défilés ont lieu avec des chansons à caractère séditieux, comme «Charlotte la républicaine », mais à Clamecy les choses prennent une autre tournure (…)

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