Pauline de Metternich

PAULINE_DE_METTERNICH
© Coll. Sirot-Angel

Le grand chancelier Metternich, Rhénan devenu Autrichien, avait un fils et une fille. Le premier, Richard, était destiné à porter haut le nom de cette famille devenue lignée et gérer ses biens, comprenant des domaines en Bohème et en Rhénanie : on le dirigea vers la diplomatie espérant pour lui un destin aussi éclatant que celui de son père. Quant à la fille, Léontine, le chancelier accorda sans enthousiasme sa main à un magnat hongrois, le comte Sandor, qui faisait figure dans toute la double monarchie d’homme de cheval, rompu à tous les exercices équestres et même casse-cou impénitent, les pratiquant avec une témérité folle qui attirait des accidents dont il portait les marques. En 1850, une dernière provocation du sort lui avait été fatale et le laissait gâteux pour les vingt-huit ans qui lui restaient à vivre.

De ce mariage était née Pauline, qui dès son adolescence montra un caractère affirmé qu’elle afficha bientôt en tombant amoureuse de son oncle Richard. À coups de dispenses religieuses, on les maria. Ils ne semblent pas s’être inquiétés d’une consanguinité qui, à leur chagrin, ne leur donna que des filles.

Beau couple, en vérité. Lui, gentilhomme jusqu’au bout des ongles, type même de l’homme de cour, gravure de mode aux redingotes roses ou vert d’eau célèbres dans tout Vienne, danseur consommé, pianiste virtuose, compensant par une politesse raffinée, un maintien de haute classe, une intelligence seulement moyenne et un certain manque de caractère.

Mais la plus forte personnalité du couple était Pauline, dont l’intelligence, l’humour, l’élégance, les formes et même les talents de comédienne de salon faisaient oublier un menton en galoche, des lèvres trop épaisses, un nez en trompette, accompagnant des yeux superbes. «Je ne suis pas jolie, disait-elle, je suis pire».

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