Hervé, le rival d’Offenbach

La gloire rayonnante de Jacques Offenbach (1819- 1880) a laissé dans l’ombre l’oeuvre et le patronyme de son compositeur rival. À Paris, pourtant, gravé au fronton octogonal du Théâtre Marigny, apparaît, si proche de celui d’Offenbach, le nom de Hervé. Mais à qui au jour d’hui ce musicien évoque-t-il encore quel que chose ? Audacieux, prolixe, savant, insensé, poignant, inénarrable, l’abondance de ses ta lents épuise les épithètes pour qualifier d’un mot Hervé, ou plutôt Florimond Ronger, signataire d’une quantité de messes et d’une copieuse production de musique religieuse. Quelque cent vingt-trois ouvrages lyri ques ou chorégraphiques remplissent parallèlement l’intimidant catalogue théâtral de Hervé, artiste complet et peu banal à la fois pianiste, organiste, ténor, chef d’orchestre, metteur en scène, librettiste et bien sûr compositeur…

Une fatalité étrange va placer en Florimond deux personnages, deux vies, deux destins, lorsqu’il vient au monde, le 30 juin 1825, à Houdain près d’Arras. Son père, ex-grenadier de Napoléon Ier, conquit à l’Espagne Marie-Conception d’Arbilla qu’il épousa dans le Pasde- Calais où il devint gendarme. Muté à Saint-Quentin, il y décède, en 1834, laissant sa veuve et ses trois enfants que le destin va guider vers Paris. Madame Ronger trouve un modeste emploi à l’église Saint-Roch où Florimond devient enfant de choeur.

Le prêtre remarque sa jolie voix et l’oriente vers la maîtrise de la paroisse. Bien plus que l’enseignement général, l’étude de la musique et du chant révèle l’évidente aptitude du jeune garçon en ce domaine. Il apprend bientôt le piano, puis l’orgue, confirmant une prédisposition telle que Florimond est présenté à Antoine Elwart (1808-1877).

Compositeur de messes (chantées à Saint-Roch) et professeur au Conservatoire, celuici accorde gratuitement ses cours en découvrant les dons si riches de cet élève impécunieux qui, reconnaissant, lui dédiera plus tard l’une de ses toutes premières valses : Les Glaneuses. Elwart conduit bientôt ce jeune prodige chez le compositeur d’opéras Daniel François Esprit Auber (1782-1871) qui achève de lui enseigner le contrepoint.

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